05.03.09

#1. Le banana split

Un mot donné par un gens, pioché au hasard dans une poche. Un texte écrit en 2 temps : 30min de freestyle, 30min de retravail & de corrections des fautes (mais pas toutes, sinon vous ne seriez pas vraiment sur 3615internet). Tout cela donne un texte improvisé et c’est tous les dimanches (à plus ou moins 10%).

Nous vivons, paraît-il, une époque sombre. Nous analysons, post rationalisons cherchant, des raisons, des excuses, des boucs émissaires et par moment des solutions. Mais tout le monde semble oublier un élément essentiel : le symbole de cette situation de crise. Il ne se trouve pas dans les multinationales, les Madof, les cours des bourses X & Y ou bien tous les symboles qui vous viennent à l’esprit. Il nous accompagne depuis des années, nous attendons au détour d’un bon repas. Car, oui, l’emblème de notre société de consommation, l’alpha et l’omega de ce que nous vivons se trouve représenté par le banana split.

Ce dessert ; composé traditionnellement d’une banane coupée en longueur, enserrant trois boules de glaces (vanille, chocolat, fraise en France) nappées d’une sauce au chocolat chaud et de crème chantilly (sans oublier les fruits rouges, les amandes effilées et grillées & les copeaux de chocolats qui viennent surmonter le tout) ; ce dessert donc, est le symbole des abus dont est capable l’homme, de sa capacité à se faire trop plaisir puis à être rongé par le remord.

On sait que le banana split est au dessert ce qu’une côte de bœuf de 400g est au plat principal. On intuite que ce sera forcément trop. Qu’il y aura des conséquences. Un peu comme lorsque l’on place un chat dans un four à micro-onde ou que l’on pousse quelqu’un au bord d’une falaise. Mais on dépasse la limite car seul notre plaisir compte. Même si la banane n’est pas mûre. Même si les boules de glaces trop fondantes / trop froides. Même si la chantilly est 100% chimique et que la sauce au chocolat est trop amère.

S’il nous arrive d’hésiter, les regards des autres viennent achever de nous convaincre. Leurs yeux sont remplis d’envie et de respect. Parce que l’on a osé, que l’on affirme notre indéfectible envie de nous laisser aller, alors que eux restent cachés derrière un mur de raison. Dans un moment pareil, on a l’impression d’exister, de peser comme disent les jeunes. Et si l’on en peut plus dès la 2ème bouchée, on ira jusqu’au bout, par fierté (et on ira vite aux toilettes tout de suite après le café).

Il faut être de taille pour passer son chemin. Le seul moyen que j’ai trouvé pour y résister c’était de ne plus aller au restaurant. Mais comme je suis un bon citoyen et que j’ai à cœur de contribuer à la relance de l’économie, j’ai pris sur moi d’y retourner. Il a donc fallu penser à un autre stratagème. Il me fallait connaître mon ennemi, savoir pourquoi il était là. Et c’est parce que je suis arriver à l’analyser, que le banana split n’a plus d’emprise sur moi. Je vous enjoins à faire de même.

Cordialement.

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