05.26.09

L’internet du futur de plus tard…

Utne adresse actuelle nous monte à quel point le minitel a encore de beaux jours devant lui. Que l’internet du 20ème sicèle existe encore grâce à notre gouvernement. Que cette consultation publique sur l’Internet du futur est une blague.

Une blague par son nom qui sonne bon les slogans du Zérorama, des messages à caractères informatifs. Un nom que n’aurait même pas imaginé les meilleurs comiques actuels, ni même les gens de BBB qui adorent l’interweb.

Internet a révolutionné tous les secteurs de nos sociétés, notre manière de communiquer, de nous informer, de nous divertir, de consommer et même d’interagir socialement. L’évolution ou la redéfinition de l’Internet permettront le développement de nouveaux services et usages et auront donc un impact industriel et socio-économique majeur.

Quand on lit ça, que l’on regarde le site et surtout le questionnaire, on se dit que soit les mecs du gouvernement ont un sens particulier de l’autodérision (justifié par un communicant sous cocaïne qui a démontré qu’il fallait un site tout pérave pour montrer la nécessité de penser à l’internet de demain, donc du futur – CQFD) ; soit nos amis ont plus qu’un train de retard. En étant tout à fait objectif, la deuxième option semble être la meilleure.

Pécresse, Chatel et tous leurs amis nous montre qu’ils étaient très méthodique dans leur approche afin de maximiser le nombre de personnes fuyant le site. Au delà du design, le site s’applique à vous balancer un pavet de texte inbittable. Le questionnaire est d’abord proposé en pdf. C’est vrai après tout on est sur internet : il vaut donc mieux privilégier le papier. Il y a aussi la version internet. Grâce à cette superbe succession de formulaire (on parle de succession si vous arrivez à trouver le bouton de validation de chaque page – un challenge en soit) qui frôle l’hérésie ergonomique, on apprend que le gouvernement à le statut de VIP chez Sphinx. Et ça c’est chouette.

Mais le plus rigolo dans cette histoire reste la question de la cible. Le questionnaire n’est destiné qu’aux penseurs : les universitaires, chercheurs & les entreprises. Le tout venant n’est pas vraiment concerné. C’est normal : 2015 – 2020 c’est dans longtemps. Le quidam n’est pas capable d’avoir le “Vista” si chère à notre bon Raffarin. L‘alchimie des multitudes ne sert à rien. C’est vrai quoi les consultations c’est mieux si l’on est le moins possible, il y a plus de sens d’être tous d’accord. Exit donc l’utilisation des réseaux sociaux, forums et autres blogs pour tenter de mobiliser un maximum de gens. Utilisons le bon vieux communiqué de presse (toujours aussi efficace il est vrai) que nos amis bouffeurs de dépêches AFP se feront une joie de reprendre (et ça marche).

Après HADOPI (dont 95% des députés avaient un avis mais ne savaient pas ce que c’était exactement), une bien jolie action qui montre à quel point notre gouvernement est trop lol et que, oui, l’internet c’est un métier môsieur.

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